Jazz Patterns

Aide à la formalisation du langage Jazz
L’apparente liberté créatrice dans le Jazz est en fait encadrée par un certain nombre de schémas que je regroupe sous le vocable de ‘Jazz Patterns’.
Ils désignent des modèles d’expression musicale qui sont propres au style et qui par leurs diversités permettent d’échapper à la monotonie du discours musical des gammes et des arpèges.
Ils représentent des tournures idiomatiques sans lesquelles la pragmatique de la langue ‘Jazz’ ne serait pas ce qu’elle est.
En rythme et intervalles
A contrario d’une phrase qui est destinée à une pure et simple interprétation, la ‘pattern’ est une expression musicale énoncée en rythme et intervalles pour laquelle l’esprit compte plus que la lettre.
C’est une locution courte, adaptée aux séquences harmoniques les plus courantes.
Le fait de la présenter en intervalle permet une grande latitude quant au registre sonore employé : une même ‘pattern’ peut être jouée sur différentes octaves tout en conservant son caractère idiomatique.
La reproduction sur différentes tonalités et à différentes positions est un gage de bonne assimilation.
Le rythme est indicatif, il ne constitue pas une obligation. Il faut simplement veiller à respecter la métrique de la mesure.
Les ‘Motifs’ du Jazz
Les motifs (ou patterns) du Jazz sont des éléments fondamentaux pour la structure, l’improvisation, l’interaction entre musiciens et l’identité stylistique.
C’est grâce à eux, que les Jazzmen ont, dans un style immédiatement reconnaissable, créé des compositions riches et variées.
Il ne peut pas y avoir d’étude de ce style, sans avoir répertorié, analysé et pratiqué ces éléments fondamentaux.
Le Jazz est avant tout une musique apprise oralement et la meilleure façon d’en faire l’étude est d’observer avec quels motifs les grandes figures du Jazz ont construit leurs phrases de solo.
La documentation existante sur le sujet permet, aujourd’hui, de trouver les composantes essentielles qui permettent par combinaisons et associations d’aboutir aux phrases idiomatiques du style.
D’importances inégales je les groupe toutefois en six classes :
- A – Les motifs de gamme
- B – Les motifs de 4 notes
- C – Les motifs de Triade
- D – Les motifs d’arpège et pivot d’arpège
- E – Les motifs de chromatisme
- F – Les motifs d’encapsulation
Chaque motif répertorié fait l’objet d’une présentation détaillée dans un article attaché et le présente dans plusieurs exemples de phrases retranscrites de solo.
Nota : compte tenu de la somme de travaux engagés, les articles détaillés sont publiés à fur et à mesure de leur complétion.
Exemple de présentation générique
La présentation du motif en notation générique permet de faire abstraction de la Tonalité et relativise les degrés par rapport au type de l’accord (ex : 3 vaut pour la Tierce Majeure et la Tierce mineure)

Les degrés indiqués sont en rapport avec l’accord sus-nommé, la flèche indique la résolution vers la note la plus proche.
Les indications de silence peuvent être jouées telles quelles mais on peut également combler les temps par une autre pattern appropriée harmoniquement (ici un pattern du ‘ii’ sur les 2 premiers temps)
En notation standard, dans un registre médium, en C Majeur cela revient à jouer :

A – Motifs de gamme
La gamme de l’accord, en tout ou partie, est une référence essentielle à l’harmonie sous-jacente.
C’est un moyen élégant de bien notifier les notes d’extension qui ne sont pas forcément présentes dans l’accord mentionné sur la partition.
C’est aussi l’assurance de jouer dans l’harmonie choisie par le compositeur.
A1 – Motif de montée de gamme
A2 – Motif de descente de gamme
B – Motifs de 4 notes
Leur composition sur 4 notes permet une subdivision rythmique facile.
Ce motif contient les notes harmoniques essentielles de l’accord.
John Coltrane a utilisé ce motif sur ‘Giant Steps’.
B1 – Motif 1 2 3 5
B2 – Motif 5 3 2 1
C – Motifs de Triade
La Triade est un élément harmonique de base, mais sa structure ternaire peut se voir complétée pour s’adapter au système de la mesure à quatre temps.
C1 – Motif Triade up and down
C2 – Motif Triade 1 5 3 1
C3 – Motif Triade 5 1 3 5
D – Arpèges et pivot d’arpèges
En jouant les notes de l’accord, le soliste suit la progression harmonique et rend l’improvisation plus cohérente et mélodique.
La dynamique des moments de tension et de résolution peut être mise en oeuvre facilement en utilisant les propriétés substitutives des arpèges d’une même gamme.
Faire pivoter l’arpège vers l’octave inférieure ou supérieure permet d’échapper à la linéarité trop prévisible de l’arpège.
D1 – Montée d’arpège de 7ème
D2 – Descente d’arpège de 7ème
D3 – Montée d’arpège de 9ème
D4 – Descente d’arpège de 9ème
D5 – Montée pivot d’arpège de 7ème à partir de la Fondamentale
D6 – Montée pivot d’arpège de 9ème à partir de la Tierce
D7 – Descente pivot d’arpège de 7ème à partir de la Tierce
D8 – Descente pivot d’arpège de 9ème à partir de la Quinte
D9 – Pivot d’arpège Bebop #1
D10 – Pivot d’arpège Bebop #2
D11 – Arpège Honeysuckle
D12 – Motif Coltrane 1
E – Motifs de chromatismes
Les notes chromatiques de passage sont un concept essentiel pour l’improvisation Jazz.
C’est avant tout une manière d’approcher une note cible (‘Target’) par une note diatonique ou chromatique.
Les chromatismes sont pratiqués sur tous les types d’accords (Majeur, mineur, dominante, semi-diminué, diminué)
Notez également que les notes ciblées sont généralement jouées sur les temps forts (‘Downbeat’)
E1 – Appogiatures
Un motif très courant pour mettre en valeur la note ciblée.
E2 – Ascension chromatique
Par commodité, la figure générique montre un passage chromatique sur 1,5 tons, (Tierce mineure), mais l’intervalle peut être bien plus grand.
L’idée est de partir d’une note ‘guide’ pour monter vers une autre note ‘guide’ (toute deux diatoniques à la gamme)
E3 – Descente chromatique
Par commodité, la figure générique montre un passage chromatique sur 1,5 tons, (Tierce mineure), mais l’intervalle peut être bien plus grand.
L’idée est de partir d’une note ‘guide’ pour descendre vers une autre note ‘guide’ (toute deux diatoniques à la gamme).
Remarque : la gamme mixolydienne Bebop intercale une note supplémentaire entre la Fondamentale et la Septième mineure pour équilibrer les notes essentielles de la gamme sur les temps forts. La descente de cette gamme entre la Fondamentale et la Sixte est un procédé de descente chromatique très employé sur les accords de dominante.
E4 – Descente chromatique et retour
E5 – Descente chromatique et note Diatonique supérieure
F – Les motifs d’encapsulation
L’encapsulation de notes de musique (enclosure) peut être décrite comme la manière dont les notes sont regroupées et organisées pour former un motif.
Dans le Jazz et surtout depuis l’époque Bebop, c’est devenu une combinaison d’approche d’une note cible par le dessus ou le dessous de façon diatonique ou chromatique.
L’encapsulation peut être utilisée soit pour tordre le son de l’accord, soit pour cibler une note dans l’accord suivant.
En utilisant l’encapsulation, la courte mélodie jouée pour se diriger vers la note cible prend de l’importance.
F1 – Encapsulation diatonique inf. Sup.
F2 – Encapsulation chromatique et diatonique inf. Sup.
F3 – Encapsulation diatonique Sup. inf.
F4 – Encapsulation chromatique et diatonique Sup. inf.
F5 – Encapsulation sur 3 notes inf. Sup.
F6 – Encapsulation sur 3 notes Sup. inf.
F7 – Encapsulation Charlie Parker
Imitation, assimilation, innovation
Avec ces trois vocables on synthétise le processus d’apprentissage des ‘patterns’. En allant au bout vous disposerez d’une véritable identité d’expression Jazz.
Autres ‘Patterns’ en degrés sur séquences courantes
En Majeur
En mineur
- ii V7 mineur
- V7 i mineur
- i mineur
Un exemple de travail d’un pattern en position est illustré dans un article spécifique (suivre le lien)
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