Comment ‘Boper’ ses gammes

Le style Bebop, depuis sa consécration, a apporté, entre autres, l’usage soutenu des chromatismes, au point qu’ils sont devenus partie intégrante du vocabulaire idiomatique du Jazz actuel.

Au même titre que les gammes sont pratiquées en Tierces, Quartes, Sixtes etc., il est d’usage, maintenant, de les jouer avec des motifs chromatiques.

Parmi les nombreuses options proposées, il en est deux, très souvent mises en avant pour caractériser le style :

  • Montée de la gamme avec un motif d’encapsulation entre chaque note diatonique
    • Motif F4 – Encapsulation diatonique supérieure et chromatique inférieure
    • Exemple : pour passer de la note G à la note A dans la gamme de G Majeur
      • on joue la note diatonique supérieure (note B)
      • puis on joue la note chromatique inférieure (note G#)
      • avant d’arriver sur la prochaine note diatonique (note A) de la gamme.

 

  • Descente de la gamme avec un double chromatisme ascendant entre chaque note diatonique
    • Motif E3 – descente chromatique
    • Exemple : pour passer de la note D (note source) à la note C (note diatonique inférieure) dans la gamme de C Majeur
      • on joue la note chromatique à écart d’un ton inférieur (note Bb)
      • puis la note chromatique directement inférieure (note B)
      • afin d’arriver à la note diatonique inférieure (note C)

 

Cette nouvelle façon de jouer une gamme, élargit considérablement le champ sonore et apporte tout de suite une musicalité très Jazz.

Mais faut-il réinvestir du temps à un nouvel apprentissage des gammes sur toute les positions ?

En réfléchissant à la finalité d’emploi de ces procédés techniques, deux critères dirigent notre choix :

  • l’utilité
    • A l’usage, il apparaît très vite nécessaire de se limiter à une séquence de notes sur une seule octave
      • courte séquence autour des notes cibles
      • séquence qui s’intercale entre des motifs Jazz pour étendre les phrases.
  • l’éfficacité
    • Les doigtés utilisés doivent apporter la fluidité attendue dans ce style sans que le passage d’une gamme à une autre ne pose de difficulté digitale.

La solution se présente par la déclinaison des gammes usuelles à partir d’une position de la gamme Majeure.

déclinaisons gammes par rapport à Maj.pdf

Les notes qui changent sont des notes cibles caractéristiques des gammes ou modes et se jouent (ou pas) facilement une fois repérées par rapport à la gamme Majeure de référence.

La facilité digitale est trouvée si on choisit une forme de position où la Seconde de la gamme est située sur la même corde que la Tonique.

Cette forme se translate sur les 4 premières cordes :

Nota : le premier chiffre de la position désigne le numéro de corde, le second chiffre le numéro de doigt.

L’avantage de cette forme de position réside dans un positionnement des 5 premières notes qui se transporte d’une corde à l’autre en nous aidant à répondre aux objectifs de fluidité digitale et de facilité dans le changement de gamme.

La déclinaison des gammes usuelles sur chaque position mérite un article dédié pour illustrer leur mise en oeuvre (suivre les liens)

Position (6,2)

Position (5,2)

Position (4,2)

Position (3,1)

Les 4 positions pour boper ses gammes.pdf